La virtualisation, c’est à dire la capacité de faire tourner plusieurs systèmes d’exploitation en charge d’une ou plusieurs applications sur un ou plusieurs ordinateurs est devenue une pratique courante dans les entreprises et chez nombre d’hébergeurs développant des offres de cloud computing. Cette tendance va se confirmer et s’amplifier en 2013 selon les spécialistes qui prévoient aussi une évolution rapide du modèle actuel de virtualisation matérielle vers une configuration purement logicielle. Cette vision est notamment celle de Georges Teixeira, président de DataCore Software, un éditeur de logiciels de virtualisation du stockage. Pour lui, plusieurs tendances transforment actuellement l’univers du stockage des données au travers d’une évolution radicale des architectures : après les serveurs et le réseau c’est au tour du stockage lui-même de passer de l’état statique à l’état dynamique. L’architecture à base logicielle définit ainsi un cadre plus souple pour les interactions entre utilisateurs et une infrastructure virtuelle pérenne qui s’adapte plus facilement au changement avec, pour but ultime, un accroissement de la productivité et une amélioration de l’expérience applicative.

Voici donc les cinq tendances de cette évolution qui se profilent selon le président de DataCore :

La virtualisation des applications stratégiques

La tendance à la virtualisation des data centres se poursuit avec un renforcement du phénomène qui touche maintenant les applications stratégiques comme les ERP ou systèmes de planification dans l’entreprise, les bases de données, les systèmes de messagerie, les OLTP ou systèmes de modification des informations en temps réel, etc. Celles-ci migrent maintenant vers des plates-formes de virtualisation pour être à la fois plus rentables et plus productives. Cependant cette migration est quelque peu freinée par les limites de performances des moyens de stockage. Pour absorber des charges de travail intensives en environnement virtualisé les entreprises ont tendance à sur-dimensionner leur stockage, à investir davantage dans la redondance pour se garantir contre les interruptions d’activité et assurer un bon niveau de performance. En fait, ces investissements excessifs peuvent annihiler les bénéfices de la virtualisation. Il est plus judicieux de rechercher des solutions logicielles de rationalisation de l’espace de stockage, bien plus efficaces et rentables que la surenchère matérielle.

Le recours aux technologies de mémoire Flash SSD

Pour améliorer la performance des applications stratégiques il est tentant de recourir aux mémoires flash en substitution des disques durs. Moins fragile, plus rapide que le support mécanique, la mémoire flash est encore chère mais son usage de plus en plus important dans un grand nombre d’équipements permet d’en faire baisser les prix et peut la rendre économiquement intéressante à condition d’éviter les applications intensives en écriture qui peuvent engendrer une détérioration physique et une diminution de sa durée de vie. Cependant, les substituts du disque en Flash sont une solution d’avenir qu’il convient d’intégrer dans la conception architecturale d’un data centre. Les considérations économiques incitent déjà les DSI à les utiliser dans un mix technologique associant différentes couches de stockage (mémoires SSD rapides et disques durs plus lents meilleur marché) mais ils ont aussi recours à des logiciels de hiérarchisation automatique qui optimisent le choix du support en fonction d’un rapport coût-performance plaçant les données transférées sur le stockage le plus approprié.

Plus de stockage pousse à plus d’automatisation

Les besoins de stockage sont en croissance constante et continue, plus de 50 % par an. Cette tendance n’est pas nouvelle mais elle s’accroît encore avec l’émergence de nouvelles procédures comme l’analyse en continu des bases de données clients, le « big data », etc. La réponse à cette demande exponentielle ne se résume pas à faire plus d’investissement en matériel pour accroître le volume d’enregistrement des données, elle repose de plus en plus souvent sur des solutions alliant automatisation, gestion automatique, évolutivité, approvisionnement rapide en ressource physique, performance et continuité de l’activité, c’est à dire un logiciel dédié à la simplification du stockage des données.

Le stockage à base logicielle prime sur le matériel

L’automatisation de la gestion des processus de stockage de données dans des infrastructures virtualisées a notamment pour conséquence de rendre interchangeable les matériels utilisés, ce qui modifie radicalement la manière de concevoir les architectures techniques mais aussi les modalités d’achat et d’utilisation des équipements. Les priorités changent et il est prévisible à ce stade que l’adoption d’un système de stockage à base logicielle devienne l’élément primordial dans la conception des data centres. Les changements rapides des paramètres du marché rendent impossible la pérennisation des anciennes architectures physiques, beaucoup trop rigides, établies sur trois pôles – serveurs, réseau et stockage – car les décisions les concernant reposent de plus en plus sur un univers dominé par le logiciel et axé sur les applications. La réussite des solutions comme VMware et de Microsoft Hyper-V démontre les avantages qu’offre aujourd’hui la virtualisation des serveurs. De la même façon, hyperviseur et virtualisation du stockage, peuvent libérer les DSI des contraintes matérielles qui entravent l’évolution des data centres.

Le stockage à base logicielle nécessite un hyperviseur

Le rôle premier d’un hyperviseur de stockage est de virtualiser les ressources dédiées à cette fonction pour obtenir plus de souplesse, d’efficacité et de flexibilité. Le logiciel prend donc tout son sens dès lors qu’il transforme notre conception du stockage pour tendre vers une meilleure expérience applicative. Le stockage au sein de l’entreprise et dans le cloud est encore trop dominé par la dimension physique. Grâce à l’approche logicielle, les services et fonctions de stockage deviennent plus disponibles et ne sont plus dépendantes d’un matériel périphérique.

En définitive, les hébergeurs infogérants conscients des contraintes de performance que s’imposent les petites ou grandes entreprises sont sûrement les mieux placés pour aborder et intégrer la virtualisation du stockage. Toujours en veille sur les évolutions technologiques, ils sont à même de déployer et proposer rapidement des solutions de virtualisation du stockage pour les offres de cloud privé comme pour les plates-formes mutualisées entre différents clients.