Les soldes d’hiver 2015 sur Internet ont enregistré des hausses des ventes de 10% et plus, selon plusieurs enquêtes . Une croissance peut être provoquée par l’actualité dramatique que l’on connaît mais qui affirme aussi l’enracinement du e-commerce dans les habitudes de nombreux Français.

 

Le baromètre des soldes sur Internet mis en place par la Fevad et publié pour la neuvième année consécutive signale une hausse des ventes de 10% sur les quatre premières semaines s’étalant du 7 janvier au 3 février 2015, comparativement à la période équivalente du 8 janvier au 4 février de l’année précédente. Ce chiffre prend évidemment en compte la première semaine des soldes marquée par les événements tragiques de début janvier qui ont provoqué une certaine désertion de clientèle des magasins. Ainsi, sur la première journée, les ventes ont reculé de – 2% mais ont cru de 1% sur les 6 premiers jours, pour totaliser sur les quatre semaines un nombre de commandes en croissance de 11% par rapport aux soldes de l’an dernier. La Fevad a également calculé que le montant moyen des achats avait atteint 124€ soit une légère baisse de 1% par rapport à 2014. Il a également été relevé que le chiffre d’affaires moyen quotidien a été de 45% supérieur à celui de la moyenne annuelle.

Autre point de vue, celui de Certissim (acteur majeur de la lutte antifraude) et de GfK (institut spécialisé dans les analyses des ventes) qui ont constaté, eux aussi, un engouement confirmé des Français pour le e-commerce, notamment à la saison des soldes. Les deux organismes ont évalué de leur côté la hausse des volumes de commandes de 14% mais avec un chiffre d’affaires presque stable (+1%) et un panier moyen évalué à 167€ en perte de 22€ par rapport à l’an passé. Les performances enregistrées ont été évidemment influencées par les évènements de début janvier analysent Cerissim et GfK, ce qui a provoqué un certain attentisme même sur le web. Effectivement, entre le 7 et le 11 janvier, le volume des commandes n’a progressé que de 3% dans l’Hexagone, performance très éloignée de ce qui était attendu par les analystes. Mais le phénomène a été significativement amplifié en Ile-de-France durant les cinq premiers jours où il a été enregistré un recul de 0,5 % des commandes. La période de forte émotion passée, les commandes en ligne ont retrouvé un rythme plus attendu avec des pics de fréquentation des sites marchands les dimanches et mercredis et des commandes en croissance moyenne de 19%.

 

Des achats raisonnables

Dans leur analyse avancée des transactions effectuées, les deux organismes constatent que la part des paniers dont le montant est inférieur à 50€ progresse toujours (avec une hausse de 4 points sur un an), ce phénomène se faisant au détriment des commandes supérieures à 300€. Ce constat, déjà relevé durant la période des achats de Noël, est général pour tout le territoire métropolitain avec une progression du panier à moins de 50€ située entre 10 à 20%, selon les régions étudiées. Pour les analystes de GfK, ce phénomène n’est pas spécialement provoqué par la crise économique mais plutôt par une démocratisation certaine du e-commerce. De même, si certaines personnes interrogées ont admis reporter des achats de Noël sur les périodes des soldes pour bénéficier de meilleurs prix, selon les statistiques ce glissement n’a pas provoqué une hausse significative du nombre d’achats importants en valeur. Le panier moyen le plus conséquent est francilien et représente un montant de 195€, le moins cher est celui du Nord-Pas-de-Calais avec une enveloppe de 137€.Par ailleurs, GfK relève que trois régions enregistrent le plus grand nombre de commandes : l’Ile-de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

 

Prime aux grands sites

Durant cette période de soldes, Certissim et GfK ont également observé que les petits et moyens sites marchands ne bénéficiaient pas du même engouement que les grands du e-commerce. Ce constat n’est par fortuit car il est fait sur l’ensemble de la période des soldes d’hiver. Durant ces quelques semaines cruciales, les sites marchands premium ont en effet enregistré une progression de leurs commandes de 21% alors que les autres sont en net recul, indique-t-on.