Pour les deux tiers des directeurs de systèmes d’information travaillant dans l’Hexagone, l’investissement dans la virtualisation et dans la consolidation des infrastructures figuraient au premier rang de leurs projets pour cette année, ce qui traduit une tendance de fond.

Une étude de marché réalisée par l’institut britannique Vanson Bourne pour le compte de Riverbed Technology, un fabricant de solutions d’optimisation pour réseaux étendus (WAN), concluait récemment qu’une très grand majorité des DSI de France mais aussi  d’Allemagne, de Pologne, des Emirats Arabes Unis et du Royaume-Uni envisageaient de maintenir les investissements dans les infrastructures informatiques pour continuer à développer leurs programmes de virtualisation et de consolidation. Les 400 DSI interrogés considèrent en effet qu’il est nécessaire de continuer à réduire les couts récurrents et qu’il faut préparer les entreprises aux défis de la prochaine décennie.

Selon l’enquête menée par l’institut Vanson Bourne, la virtualisation des serveurs et la consolidation des datacenters arrivaient en tête de liste des impératifs que se fixaient les DSI français avec respectivement 51% des préférences exprimées pour le premier sujet et 42% pour ce second. Ces orientations étaient d’ailleurs partagées par l’ensemble de l’échantillon avec des taux de réponses – 50% et 40% – assez proches. Des différences apparaîssent cependant lorsque l’on rentre dans les détails. L’échantillon pris dans son ensemble (Europe et Moyen-Orient) privilégie la consolidation du stockage à 34%), la virtualisation des postes de travail à 33% et la mise à niveau des serveurs à 33%. A contrario, les DSI français positionnaient plutôt l’optimisation de réseau en troisième position à 38%, devant la virtualisation des postes de travail à 36%, et la sécurité / conformité à 36%.

Des chantiers complexes

Si 51% des DSI français affirment que la virtualisation des serveurs et la consolidation des infrastructures sont au centre de leur programme d’investissements prioritaires, ils considèrent cependant à près de 50% que ces chantiers se caractérisent par une certaine complexité, avec des coûts de mise en place et des problèmes liés à la performance applicative sur réseau étendu (WAN) ce qui constitue des freins importants à l’avancé des projets pour plus d’un tiers des DSI interrogées.

Pour comprendre ces orientations, il est intéressant de détailler les motivations qui justifient le lancement d’un projet de consolidation. Cette démarche vise généralement à simplifier la gestion du réseau en regroupant les applications sur des datacenters internes ou externalisés pour supprimer le plus grand nombre de serveurs physiques possible et les remplacer par des machines virtuelles. Cette concentration des applications dans seulement quelques points centraux implique de se donner les moyens de conserver une bonne performance applicatives et donc de mettre en œuvre des outils d’optimisation. Economiquement, la réduction des coûts ne se calcule donc pas uniquement sur la diminution du nombre de serveurs mais aussi sur de réelles économies réalisées par la diminution du temps de travail consacré à la gestion de réseaux, en particulier par la suppression ou la simplification des procédures de sauvegarde locale. Les données n’étant plus massivement transmises, leur centralisation renforce de façon induite leur sécurité et leur sauvegarde est réalisée centralement ce qui, incidemment, simplifie et améliore les procédures de reprise après sinistre.

Des économies d’infrastructure et de fonctionnement

L’étude de Riverbed Technology conforme effectivement l’idée – partagée par de nombreux DSI – qu’il est important sinon primordial de centraliser les données non seulement pour faire des économies de serveurs ou de stockage mais également pour avoir comme objectif d’accroître la performance du système d’information. La plupart des responsables ont bien conscience de ces enjeux, notamment en France où les projets de virtualisation et de consolidation sont perçus comme essentiels pour apporter de la performance applicative et de la sécurité des données et mieux répondre ainsi aux défis à venir. Cette analyse de fond passe bien au niveau décisionnel puisque, comme le démontre l’étude, les investissements dans les projets de virtualisation et de consolidation demeurent importants malgré la morosité économique et même si la réflexion est toujours de mise. Les DSI sont poussés à innover pour faire avancer l’entreprise mais on leur demande aussi de réduire les coûts et de maîtriser les dépenses opérationnelles. Ils doivent donc progresser vers l’efficacité maximale tout en garantissant un retour rapide sur investissement.

Dans ce contexte, les hébergeurs infogérants ont plusieurs cartes à jouer car ils sont généralement des références en matière de consolidation et de virtualisation, deux ingrédients essentiels de leur modèle d’affaire. Ils peuvent donc apporter aux DSI en réflexion une expertise de premier ordre avant de leur proposer des solutions opérationnelles éprouvées. On aura également compris que la performance applicative est un point clé de tout projet de consolidation / virtualisation ce qui donne une importance certaine non seulement à la localisation géographique des datacenters ou à l’architecture des infrastructures IT proposées aux clients mais aussi à la qualité et à la capacité en débit des réseaux d’accès disponibles.