La tendance économique n’étant pas à la fête, un grand nombre de responsables de services informatiques sont confrontés à des budgets gelés ou en régression.

Cette tendance est confirmée par plusieurs études publiées par des cabinets de conseils spécialisés dans les systèmes d’information. Ainsi, Pierre Audoin Consultants (PAC) estime que, en 2012, la croissance des dépenses informatiques (logiciels et services) en France n’atteindra que 0,9 %, contre 3,2 % l’an passé. Le document constate que les DSI français ont largement anticipé la tendance, mais de façon plus intense que dans les autres pays d’Europe qui, eux, connaîtront une légère croissance estimée à 2,1%, contre 2,6% dans la période précédente.

Pour compenser ces contraintes budgétaires, les DSI français vont concentrer leurs efforts sur l’externalisation des coûts de leur système d’information en recourant de plus en plus à l’infogérance. Résultat, ce sont donc les activités de conseil et d’intégration qui vont être impactées avec des baisses de chiffre d’affaires respectives de 1,4% et 0,9%. Pierre Audouin Consultants constate en effet une diminution des commandes depuis la fin de l’année 2011 qui ne devrait d’ailleurs pas se refléter dans le chiffre d’affaires des SSII avant le second semestre 2012.

La situation économique affectera globalement les éditeurs de logiciels puisqu’ils ne progresseront que de 1% cette année, contre 3,4% entre 2010 et 2011. Mais l’impact variera selon les secteurs. Ainsi, les applications métier ne progresseront pratiquement pas (0,4%) alors, qu’au contraire, les « logiciels outils » dédiés à la gestion de contenu (CMS), aux portails collaboratifs et aux réseaux sociaux auront une demande soutenue de la part des entreprises ce qui fera croître leurs ventes de + 2,3% entre 2011 et 2012 contre + 3,9% entre 2010 et 2011.

Cette maigre progression est compensée par une activité accrue dans le secteur des prestations externalisées.

L’infogérance, la tierce maintenance applicative, l’hébergement et l’externalisation des processus métiers vont enregistrer une croissance significative de 4,1%, chiffre qui a quand même été revu à la baisse pour tenir compte de la persistance d’une conjoncture économique déprimée. Cette maigre embellie s’explique évidemment par la tendance qui veut que les coûts d’investissement et les charges fixes soient transformées dès que possible en charges variables, réputées plus faciles à arbitrer en cas de besoin.

Les hébergeurs spécialisés dans les prestations d’externalisation devraient donc enregistrer une progression dans leurs activités d’applications logicielles accessibles sous forme de service (SaaS) et, plus généralement, dans le secteur de l’informatique en nuage ou cloud computing, en vogue dans les grands groupes mais également, de plus en plus, dans les petites et moyennes entreprises.