Une récente étude montre qu’un nombre important de PME françaises n’ont toujours pas de site web alors que les chefs de ces entreprises identifient assez bien les avantages qu’ils pourraient en tirer.

L’éditeur américain de logiciels de CRM (gestion de la relation client) Salesforces a publié récemment une enquête qui affirme que 27% des petites et moyennes entreprises françaises n’ont toujours pas de site Internet. Ce constat n’est pas le fait d’une quelconque ignorance ou d’une peur irraisonnée mais seulement le résultat d’un emploi du temps chargé, d’un manque d’informations sur « comment faire » et d’une absence de ressources compétentes dans l’entreprise. Pourtant, ces responsables d’entreprise n’ignorent rien des avantages qu’ils pourraient tirer d’une présence sur le web.

Les finalités bien identifiées

Les chefs d’entreprises savent parfaitement qu’au-delà de la visibilité que leur donnerait le web, ils pourraient en tirer profit au moins dans trois domaines. Ils sont 78% à considérer qu’un site Internet serait une excellente vitrine de leurs activités, la moitié pense aussi que cela leur serait utile pour entretenir un lien avec leurs clients, prospects ou confirmés, une bonne interface commerciale en quelque sorte. Ils sont seulement 16% à envisager d’utiliser Internet pour vendre des produits mais cette information est à relativiser puisque l’étude n’indique pas le pourcentage des commerces intégrés dans l’échantillon. On ne sera pas surpris d’apprendre que 37% de l’effectif n’est pas non plus présent sur les réseaux sociaux (particulièrement chronophage il est vrai) alors que pourtant 67% des interrogés les considèrent comme « un levier de visibilité décisif ».

Pas le temps de s’informer

Ce qui bloque les patrons de PME c’est avant tout le temps : ils sont 57% à déclarer qu’ils en manquent pour envisager de changer de solution technique et aller au delà d’un usage basique de l’informatique et d’internet ; ils sont 48% à estimer qu’ils ne disposent pas des ressources financières nécessaires pour s’attaquer au problème mais l’étude ne précise pas s’ils ont une idée précise du niveau d’investissement nécessaire. Finalement, 64% des chefs de petites et moyennes entreprises admettent qu’ils manquent cruellement d’informations sur les solutions existantes et les opportunités qui leur sont offertes pour développer leurs activités via le web.

Un manque d’action commerciale ?

Cependant, 46% de l’échantillon consulté déclare lire la presse généraliste sur le sujet et 33% affirme consulter régulièrement les sites spécialisés dans la transformation numérique des entreprises. Le contact direct avec les fournisseurs de services IT ou leur commerciaux est quasi inexistant puisque évalué à 1%. Même si cette enquête a été réalisée en ligne auprès de 102 PME françaises – un échantillon assez restreint – elle ne manque pas d’interpeller surtout dans son dernier constat. On peut en effet considérer que les fournisseurs de services n’ont pas encore d’offres totalement adaptées pour adresser des cibles dont les responsables ont pour préoccupation première de « faire tourner la boutique », c’est-à-dire, trouver des marchés pour assurer les fins de mois de leur entreprise.

L’ouverture au numérique

Cet état des lieux pessimiste est heureusement atténué par une autre enquête qui montre – dans un échantillon il est vrai déjà converti au numérique – que les TPE-PME sont plus branchées que l’on ne pourrait le penser. L’agence web Linkeo a interrogé en ligne, fin 2014, 500 de ses clients qui ont lancé leur site professionnel depuis plus de 24 mois. Ces entrepreneurs sont évidemment convaincus de l’utilité du numérique puisqu’ils sont 67% à posséder un smartphone (+12% par rapport à l’an passé), 46% à utiliser une tablette (+18%), 30% à assurer une présence sur les réseaux sociaux (+4%) et 45% à s’intéresser à leur e-réputation (+6%) ce qui est bon signe. Ces chefs d’entreprises branchés ont ouvert leur site web car ils considéraient globalement que c’était un élément clé dans le développement de leurs affaires. Plus précisément, ils pensent à 70% que le web peut générer des contacts et à 60% qu’il accroît leur notoriété en plus d’être selon eux indispensable.

Générer du trafic

Etre présent sur le web c’est bien, encore faut-il attirer du monde sur son site. Plus de la moitié (61%) pense que le bouche à oreille ou la communication hors ligne suffit, tandis que 50% font confiance au référencement naturel. Seul 25% de l’effectif considère qu’il faut forcer le destin et recourir à une prestation – payante – de référencement actif. L’agence web commente ces statistiques en indiquant que le marketing sur les moteurs de recherche (SEM ou Search Engine Marketing : renforcement de la visibilité à partir du web incluant les réseaux sociaux) prend de l’essor et que l’écart avec l’Optimisation pour les moteurs de recherche (SEO ou Search Engine Optimization : renforcement de la visibilité en agissant seulement sur les moteurs de recherche) a été réduit de moitié par rapport à 2013.

Un investissement rentable

Cette présence sur le web est productive puisque 48% des prospects des entreprises impliquées ont fait spontanément leur recherche d’adresse de site sur le web. Et ça paye aussi puisque 40% des patrons consultés estiment que cela leur a permis de gagner du chiffre d’affaires (soit + 11% par rapport à l’an passé) alors que 53% de leurs prospects déclarent avoir connu leur entreprise via leur site Internet (curieusement -2% par rapport à 2013). Pour l’avenir, 83% des responsables de TPE-PME pensent que les réseaux sociaux joueront un rôle important dans le développement de leurs affaires (+4%), tandis que 63% affirment que l’Internet mobile aura un effet similaire (+14%).