La Fevad a profité du salon E-Commerce Paris, fin septembre, pour faire son habituel point d’étape sur la santé du secteur. Au compteur, une hausse de plus de 10% du chiffre d’affaires enregistré chez les 150 000 sites marchands que comptent maintenant l’Hexagone.

C’est dans le cadre du salon E-Commerce Paris qui se déroulait du 23 au 25 septembre au parc des expositions de la Porte de Versailles, que la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) a rendu public son baromètre des ventes sur Internet réalisées en France durant le second trimestre 2014. Comme à son habitude, cette étude se base sur les informations recueillies auprès des principaux sites marchands leaders et sur le montant agrégé des transactions réalisées par les principales sociétés prestataires de paiement pour le compte des 147 200 sites marchands actifs. Durant la période considérée, le chiffre d’affaires du e-commerce a enregistré une augmentation de 10,5% pour atteindre un montant de 13,3 milliards d’euros à comparer avec les 12,1 milliards réalisés au second trimestre 2013. Pour bien marquer les esprits, la Fevad compare cette performance avec le chiffre d’affaires calculé sur l’ensemble de l’année 2006 qui était alors de 11,6 milliards d’euros. Cependant, selon l’étude de l’organisme professionnel, ces 13,3 milliards de chiffre d’affaires sont le résultat d’un nombre de transactions qui a lui même progressé de 13,5% au cours de la période, ce qui traduit bien les difficultés économiques du moment.

 Baisse du panier moyen

La tendance constatée dans les études précédentes se confirme effectivement : le prix du panier moyen s’effrite puisqu’il est maintenant de 82 euros, soit un recul de 3% sur un an. La progression du chiffre d’affaires est donc le résultat d’une augmentation de la fréquence des achats de +7% par rapport au second trimestre 2013, ce qui hausse mécaniquement le montant moyen dépensé par acheteur à 488 euros contre 472 euros constatés au second trimestre de l’année dernière. Cette montée en fréquence des opérations se caractérise également par l’augmentation de 6% du nombre des internautes qualifiés d’acheteurs fréquents depuis le début de l’année. De ce fait, la part de marché des ventes sur Internet continue à progresser d’environ un point par an en raison justement de l’augmentation du nombre d’acheteurs et de la fréquence d’achat. Sur l’année 2013, le e-commerce représente désormais 8% du commerce de détail hors alimentaire. Cette augmentation des achats est aussi le résultat d’un élargissement de l’offre puisque le nombre de sites marchands actifs est évalué désormais à 147 200, ce qui traduit une croissance de 15% en un an puisqu’il avait 128 000 sites recensés en juin 2013. Et la Fevad est optimiste puisqu’elle pense que d’ici la fin de cette année, le nombre de sites e-commerce devrait franchir la barre des 160 000.

 Les leaders toujours en croissance

Les sites leaders qui constituent le panel ICE 40 servant à calculer l’indice de croissance enregistrent toujours une progression qui demeure comparable à celle du 1er trimestre. Ces mega e-store ont en effet vu leur chiffre d’affaires global progresser de +3% sur un an – à périmètre constant – dans la continuité du 1er trimestre. La Fevad souligne que ce phénomène est constaté dans le contexte du recul de la consommation de détail – 0,1% au second trimestre 2014 (produits industriels hors auto, selon la Banque de France). L’enquête indique par ailleurs que les ventes en ligne de produits grand public tiennent le rythme de croissance à +7% si l’on tient compte des ventes réalisées par les sites hébergés sur les places de marché. Pour leur part, les ventes Internet aux professionnels confirment leur retour à une belle croissance avec progression de +8%. En revanche, une légère dépression est constatée sur les ventes en ligne du panel iCE voyage-tourisme qui reculent de -1% dans un contexte global de baisse des réservations. Ce secteur connaît pourtant une augmentation du nombre d’acheteurs en ligne de voyages et autres activités touristiques (62% des internautes contre 59% en 2013, selon le baromètre Fevad/Mediamétrie de juin 2014) mais voit les modes de consommation évoluer : les paniers moyens sont en baisse et la tendance est au « dépackaging », à l’essor des compagnies low cost et à la consommation collaborative, indique la Fevad, alors que le voyage-tourisme est le premier univers d’achat sur le web.

M-commerce et places de marché à la fête

L’indice iPM qui mesure le volume des ventes réalisées sur les places de marché, c’est à dire les transactions réalisées par les sites hébergés sur les places de marché du panel iCE40, progresse de 36% au second trimestre par rapport au second trimestre 2013. Ces ventes dépassent désormais les 20% du volume d’affaires des sites de l’iPM et leur part a doublé en 2 ans. Autre performance, l’indice iCM qui mesure les ventes sur l’internet mobile (smartphones et tablettes numériques, sites mobiles et applications hors téléchargements d’application et hors ventes sur les places de marchés), a progressé de son côté de 52% au second trimestre 2014 par rapport au second trimestre 2013. La pratique des achats en mobilité est donc en expansion puisque mobiles et tablettes (sites mobiles et applications) génèrent 14% des ventes du panel iCM (10% au second trimestre 2013).