Dans une étude parue à la fin du mois de mars 2012, le cabinet IDC a annoncé ses prévisions d’évolution du parc mondial d’ordinateurs connectés : tous appareils confondus, l’organisme de prospective évalue l’ensemble à un peu moins d’un milliard d’unités mais prévoit que ce chiffre doublera d’ici 2016. Fin 2011, le calcul d’IDC dénombrait plus précisément 916 millions d’appareils connectés à Internet, ce chiffre comprenant les ordinateurs fixes ou mobiles mais aussi les tablettes numériques et les smartphones. Le cap du milliard sera assurément franchi dans le courant de cette année, compte tenu de l’engouement persistant du grand public et des professionnels pour les smartphones et du grand nombre d’entreprises qui équipent leurs collaborateurs de tablettes numériques. IDC inclut également comme facteur de cette croissance soutenue, l’équipement ou le renouvellement des parcs informatiques des écoles.

Cependant, toutes les familles de produits ne croissent pas au même rythme : les smartphones et tablettes ont plus de succès que les PCs dont la progression stagne. Si, en globalité, le taux annuel de progression de l’ensemble doit tourner autour de 15%, durant les cinq années allant de 2012 à 2016, les terminaux mobiles ultraportables verront quasiment doubler leur effectif sur cette même période : ils devraient passer de 660 millions en 2012, à 1,1 milliard en 2016. Cette performance s’explique essentiellement par la prolifération de ces produits en Asie, particulièrement en Chine, et dans les pays émergents où le smartphone constitue le premier et parfois le seul moyen de se connecter à Internet. Les tablettes suivront la même courbe de progression, passant de 106 à 198 millions d’unités, toujours sur la même période. A contrario, la catégorie des PCs évoluera beaucoup plus lentement avec un nombre d’unités croissant de 371 à seulement 518 millions.

Des besoins accrus en connectivité

Conséquence de cette croissance du parc mondial des appareils connectés en mobilité, les besoins en capacité réseau mais aussi en moyens d’adressage explosent. Le prochain basculement impératif d’Internet de l’ère IPv4 à celle d’IPv6 s’explique en particulier par la nécessité de créer un plus grand nombre d’adresses pour que ces moyens mobiles puissent communiquer. Cette migration est d’autant plus nécessaire qu’en plus des mobiles, il faut compter avec des terminaux domestiques types boxes de plus en plus nombreux, sans parler des machines de toutes sortes, dotées de modem M2M. L’adressage sous 128 bits permet de créer environ 667 millions de milliards d’adresses IP pour chaque mm2 de surface terrestre, contre seulement 4 milliards actuellement. Le basculement vers IPv6 est en cours depuis déjà un moment mais a pris beaucoup de retard. Un grand nombre d’équipements d’infrastructures réseaux – les routeurs d’adresses notamment – ont été changés ou modifiés par mise à jour logicielle, les autres devront évidemment suivre cette évolution pour rester connectés lorsque que la période de double adressage prendra fin. IPv6 devrait répondre sans problème aux besoins futurs pour des dizaines d’années et dès le 6 juin prochain – l’IPv6 Day – tous les plus gros sites du monde devraient mettre définitivement en ligne leurs infrastructures répondant au nouveau protocole.

Les nouveaux enjeux de la sécurité

Si l’avenir de la planète Internet semble assuré par le basculement vers IPv6, il n’en demeure pas moins que la menace sécuritaire ne s’estompe pas, bien au contraire. Tous les grands spécialistes s’alarment et mettent en garde entreprises comme particuliers. « La prolifération des appareils mobiles intelligents a entraîné une augmentation des risques connexes, en particulier les logiciels malveillants mobiles et la perte de données », indiquait par exemple Symantec dans son étude Tendances Sécurité 2012. Il convient donc d’intégrer le fait que la prolifération des terminaux portables va avoir pour résultat une mise en péril accrue des données et des informations stockées sur ces appareils mais également une menace accrue pour les centres de données qui sont utilisés par ces mêmes mobiles à la fois pour accéder à des applications ou sauvegarder des contenus en mode Cloud et pour gérer des transactions et des paiements dans le cadre d’opérations de e-commerce.

Il est donc nécessaire, pour les cyber-marchands comme pour leurs hébergeurs, de redoubler de vigilance sur le front sécuritaire en portant attention aux points suivants :

– mettre en place ou renforcer des modalités de sauvegarde en ligne et de récupération de données sécurisées sur serveurs hébergés, précautions éventuellement complétées par un service Bare Metal Restore (BMR) protégeant les applications contre les corruptions de système : la copie de tous les paramètres de configuration permet une restauration rapide à l’identique.

– utiliser une solution de stockage résiliente en sauvegardant les données sur des SANs différents installés dans au moins deux data centres distincts.

– travailler avec des partenaires certifiés SSL afin de rassurer les clients en leur prouvant que leurs informations sont protégées lorsqu’ils visitent des sites et achètent sur le web : la certification SSL est une marque de confiance reconnue qui influence positivement et fortement les achats et transactions en ligne.

– ériger une protection efficace avec des pare-feu et des serveurs de sécurité dédiés, virtuels ou mutualisés pour déjouer les piratages et contrer les virus et les attaques en déni de service (DdoS). Vérifier que votre hébergeur utilise des produits de protection reconnus.

– travailler avec des hébergeurs certifiés PCI DSS Compliance, c’est à dire souscrivant aux douze exigences définies par le PCI Security Standards Council, afin d’offrir un environnement d’hébergement totalement protégé contre le vol des données de cartes bancaires et assurant une sécurité totale des échanges et du stockage de données personnelles.