Datacenters et services cloud : les clés de la performance

Emerson Network Power, une filiale du groupe Emerson spécialisée dans les outils de management et les équipements de servitude (fourniture et protection énergétique notamment) a délivré récemment son analyse sur le rôle des centres d’hébergement informatique dans le développement du cloud computing. Partant du postulat que le cloud est « un outil important et puissant pour les entreprises modernes comme pour les autres », l’étude préconise une évaluation des risques et des avantages ainsi qu’un examen critique des idées reçues.

Tout le monde opte-il pour le cloud ?

C’est encore loin d’être le cas mais c’est le sens de l’histoire. Selon une enquête réalisée par le fabricant de processeurs AMD en 2011, 37% des entreprises sont déjà converties à l’informatique en nuage tandis que 24% des responsables de datacenters interrogés par Emerson durant la même période affirment avoir l’intention de poursuivre dans cette direction et de mettre en place ou de développer une stratégie de cloud computing au sein de leurs établissements d’hébergement informatique. Confirmant cette évolution, le cabinet d’études IDC estime que les services en mode cloud public ont déjà généré plus de 21,5 milliards de dollars en 2010 et prévoit un chiffre d’affaires de 72,9 milliards pour 2015 pour ce secteur d’activité, alors que son confrère Forester évalue pour sa part la performance économique du cloud à … 241 milliards de dollars en 2020. La tendance est donc évidente et les craintes semblent se lever progressivement mais irrémédiablement. Celles ci portent encore essentiellement sur la sécurité et la confidentialité des données, en particulier l’accès propriétaire, mais tous ces points ont notoirement fait l’objet d’amélioration de la part des fournisseurs d’hébergement. Le manque de souplesse dans l’offre fait aussi l’objet de critiques sans parler des pannes de systèmes – notamment d’alimentation électrique – qui ont entaché l’image de certains datacenters.

Le passage au cloud signifie-t-il une délégation totale de pouvoir ?

Ce serait illusoire de le penser. Le passage d’un hébergement en interne à une externalisation des moyens chez un prestataire pose évidemment le problème de la responsabilité réelle des opérations et en particulier de qui est aux commandes de l’infrastructure et en charge de la disponibilité du réseau et des données. Dans une problématique de cloud, la responsabilité « physique » du contrôle de l’infrastructure qui contient et protège les informations vitales au fonctionnement de l’entreprise est déléguée aux hébergeurs même si celui-ci reste sous la surveillance constante du responsable informatique du client. En conséquence, la décision d’externalisation doit être précédée d’une étude approfondie des statistiques de disponibilité des datacenters et des infrastructures informatiques des différents candidats consultés. Dans la majorité des cas, une infrastructure externe est généralement mieux protégée des aléas techniques qu’un « cloud privé » géré en interne, car elle dispose de moyens plus puissants et plus redondants, notamment en matière d’alimentation électrique et de refroidissement. Mais ces préalables ne dispensent pas l’entreprise cliente d’exercer une veille permanente sur son hébergeur, de vérifier périodiquement que tous ces engagements contractuels sont respectés, en particulier en matière de sauvegarde et de reprise d’activité, et que les évolutions des technologies comme des menaces sont prises en compte. Le passage au cloud n’élimine pas les risques ni les responsabilités.

Le passage au cloud n’est pas obligatoirement une solution de facilité et peut demander beaucoup d’efforts. En général, le premier objectif des entreprises qui passent à l’externalisation chez un hébergeur offrant des prestations informatiques est d’accéder facilement et à la demande à des ressources matérielles – les serveurs, les capacités de stockage de données – ou logicielles – des applications standards ou mutualisables. En revanche, l’adaptation de services cloud aux exigences spécifiques d’une activité ou aux pratiques propres d’une entreprise peut impliquer des changements parfois difficiles à gérer. Même si la configuration d’hébergement est adaptée, répertorier ce qui peut être externalisé et ce qui ne peut pas l’être, est un processus chronophage en terme de réflexion, de prise de décision et de mise en œuvre.

Une analyse des coûts effectuée par McKinsey en 2009 pointait le fait que les entreprises clientes d’hébergeurs proposant des prestations en cloud public ne réalisaient d’économies que sur des plates-formes spécifiques et qu’il était encore plus rentable d’administrer son propre datacenter. Ces données ont évolué mais il est clair que des questions restent en suspens sur les véritables économies réalisées après le passage

au cloud. Là encore, le choix de son hébergeur, la négociation du contrat et le dialogue permanent à mener avec lui sont déterminant dans la réalisation des objectifs, y compris économiques, du passage au cloud.

Billets connexes