Incidence sur les entreprises, le gouvernement et les individus

Si vous êtes parmi ceux qui se questionnent sur la présence réelle de l’intelligence artificielle, vous devriez avoir une conversation avec Siri, Cortana ou Alexa. Leurs oreilles attentives sont toujours prêtes à vous écouter, ou du moins à enregistrer vos demandes.

En fait, le domaine de l’IA existe depuis des dizaines d’années. De nos jours, avec la croissance continue des mégadonnées et notre habileté à rapidement développer des réseaux neuronaux, l’IA devient de plus en plus courante. De plus, le rythme auquel elle se développe continue d’accélérer grâce à une disponibilité plus importante des trousses d’outils, des cadres d’applications et des ensembles de données à code source ouvert pour les ingénieurs en logiciel.

Google, Microsoft, IBM, Facebook et bien d’autres chefs de file en matière de technologie se bousculent pour embaucher les meilleurs talents, acquérir de jeunes entreprises se spécialisant en IA, investir plus d’argent dans la recherche dans le domaine et mettre sur le marché leurs propres produits et services artificiellement intelligents. Il y a deux ans, en 2015, la Silicon Valley a dépensé 8,5 milliards de dollars dans l’IA, selon la revue The Economist.

La profondeur et l’ampleur de l’IA au cœur des produits actuels, des nouveaux produits et des produits émergeant sont ahurissantes. L’apprentissage machine, c’est-à-dire la capacité des appareils à reconnaître, raisonner et agir, est utilisé pour concrétiser la reconnaissance d’image à partir de photos, le filtrage des pourriels et la détection de cartes de crédit frauduleuses. Des jeux vidéo comme Far Cry et Call of Duty ont recours à l’IA pour faire en sorte que les personnages évaluent et analysent leur environnement, et décider donc du cours de la partie. D’autres progrès sont en train de se produire également dans les domaines de la science, de l’éducation, du maintien d’ordre et de la finance.

Cette technologie a aussi une incidence sur le gouvernement : la ville de Columbus, en Ohio, en est un exemple parfait. La ville a gagné 50 millions de dollars dans le cadre du défi Smart City lancé par le département des transports américain en 2016 et commencera à mettre en œuvre des véhicules autonomes pour fournir un moyen de transport entre un quartier à fort taux de chômage et l’un des carrefours d’emplois de la ville. À Boston, au Massachusetts, on a eu recours à un logiciel de reconnaissance d’image pour examiner des centaines de milliers de photos dans le cadre de l’enquête visant à trouver les individus à l’origine du bombardement au marathon de Boston en 2013. La ville de Las Vegas est en train d’examiner des dizaines de milliers de tweets pour détecter les restaurants qui pourraient ne pas respecter les lois relatives à la santé plutôt que de choisir des établissements à inspecter au hasard, comme elle le faisait auparavant;  résultat : une augmentation de six pour cent des citations.

Quel est le potentiel réel de l’IA? La capacité à être mieux informé (demandez à Watson). La capacité à être en meilleure santé (Deep Genomics, une entreprise canadienne, a recours à l’apprentissage machine pour développer des produits pharmaceutiques). La capacité à être plus en sécurité (par exemple, les fonctions prédictives avancées de Tesla et, peut-être, les voitures autonomes).

Tout cela n’est qu’un début. Le potentiel de l’IA est presque sans limites. PwC affirme que le marché de l’IA atteindra 70 milliards de dollars d’ici 2020. Accenture avance que l’IA pourrait doubler le taux de croissance de douze pays en voie de développement d’ici 2035. C’est sans surprise que la plupart des gens perçoivent l’IA comme étant une force positive dans leur vie, ils l’accueillent à bras ouverts plutôt que de s’en méfier. Beaucoup plus reste à venir.