Selon Akamai, la vitesse moyenne de connexion Internet au niveau mondial augmente de 10% à 5 Mb/s, tandis que l’Europe se situe en tête pour l’adoption du nouveau protocole IPv6. La France se classe parmi les élèves médiocres.

L’analyse des données Internet effectuée chaque trimestre par Akamai, spécialiste mondial du CDN, permet d’avoir un état des principaux paramètres significatifs, à savoir les vitesses de connexion et le niveau d’adoption du haut débit sur les réseaux fixes et mobiles ainsi que l’état de la transition d’IPv4 vers IPv6. « L’augmentation des vitesses de connexion en haut débit au niveau mondial démontre une tendance continue à un rehaussement des standards », commente David Belson, l’auteur de l’étude. « Cette croissance varie selon les zones géographiques mais les débits les plus élevés sont généralement constatés dans les pays et régions à forte densité démographique, là où les pouvoirs publics soutiennent le développement d’Internet ou encouragent la concurrence entre les fournisseurs d’accès. »

Vitesses en croissance

L’étude des données recueillies par l’Akamai Intelligente Plateform au 1er trimestre 2015 indique ainsi que la vitesse moyenne de connexion au niveau mondial a atteint pour la première fois 5 Mb/s, soit une progression de 10 % par rapport au trimestre précédent. La moyenne calculée sur les 10 premiers pays du Globe est cependant bien supérieure et six d’entre eux (Corée du Sud, Hong-Kong, Japon, Irlande, Suède, Pays-Bas) dépassent déjà les 15 Mb/s. Tous les pays européens étudiés au 1er trimestre affichent des vitesses moyennes de connexion supérieures à 4 Mb/s, le seuil inférieur du « haut débit », et 13 d’entre eux dépassent 10 Mb/s (Irlande, Suède, Pays-Bas, Suisse, Norvège, Finlande, République Tchèque, Danemark, Roumanie, Belgique, Royaume-Uni, Autriche et Allemagne). L’Europe progresse partout avec parfois des croissances annuelles supérieures à 30% (Irlande, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Suède) et des pointes à 43% pour le Portugal, même à 63% pour l’Irlande. Au niveau mondial les vitesses maximales moyennes de connexion ont augmenté de 8,2 % pour atteindre 29,1 Mb/s, phénomène également constaté chez les Européens ou neuf pays (Suède, Pays-Bas, Irlande, Suisse, Belgique, Finlande, Norvège, Royaume-Uni, Hongrie) dépassent les 50 Mb/s.

Accès haut débit :

L’étude Akamai constate aussi de nets progrès au niveau mondial dans l’adoption du haut débit (HD) en relevant que 4,6% des adresses IP distinctes se sont connectées à Akamai à des vitesses moyennes égales ou supérieures à 25 Mb/s, soit une hausse de 12% par rapport au trimestre précédent. La Corée du Sud occupe toujours le 1er rang mondial de ce critère avec un taux de connexion à haut débit (> 25%) de 31 %, tandis que sept pays européens entrent dans le peloton des 10 premiers mondiaux (Suède, Lituanie, Lettonie, Norvège, Finlande, Pays-Bas et Suisse). En glissement annuel, le taux d’adoption mondial du HD à 25 Mb/s a progressé de 20%.

Le pourcentage mondial d’adresses IP distinctes se connectant à Akamai à 4 Mb/s au minimum (seuil du haut débit) a augmenté de 6,6 % pour atteindre 63 %, contrairement au trimestre précédent où ce chiffre était en léger recul. Six pays européens (Pays-Bas, Danemark, Roumanie, Suisse, Suède, Autriche) ont des taux d’adoption supérieurs à 90%. Au 1er trimestre 2015, 26 % des adresses IP distinctes au niveau mondial se sont connectées à Akamaï à des vitesses moyennes d’au moins 10 Mb/s, soit une progression sur 3 mois de 11% nettement supérieure au 2,9% du trimestre précédent. En Europe, cinq pays (Pays- Bas, Roumanie, Suisse, Suède et Belgique) comptent plus de la moitié de leurs adresses IP distinctes répondant à ce même critère de 10 Mb/s. Au niveau mondial, 14% des adresses IP distinctes se sont connectées à Akamai à des vitesses moyennes de 15 Mb/s ou plus, contre 12% au 4ème trimestre 2014. En glissement annuel, le taux mondial d’adoption des 15 Mb/s a progressé de 29%. En Europe, huit pays (Suède, Pays-Bas, Suisse, Norvège, Roumanie, Finlande, République Tchèque et Danemark) ont au moins un quart des adresses IP qui se connectent à Akamai à des vitesses moyennes égales ou supérieures à 15 Mb/s. En glissement annuel, le niveau d’adoption du haut débit à 15 Mb/s en Europe va de 17 % (Autriche) à 270 % (Portugal). L’étude note que plusieurs pays européens soutiennent des programmes d’accès au très haut débit (THD) comme l’Italie (6,7 milliards de dollars sur 6 ans, 100 Mb/s en zones urbaines et 30 Mb/s en régions moins densément peuplées) ou le Pays de Galles (30 Mb/s sur l’ensemble du territoire).

L’Europe en pointe sur IPv6

Si le nombre d’adresses IPv4 distinctes se connectant à Akamai a continué de progresser de près de 10 millions au 1er trimestre 2015, l’étude note que l’Europe domine toujours le classement mondial des régions comptant le plus grand pourcentage de ces requêtes adressées via IPv6 durant le 1er trimestre 2015. La Belgique demeure nettement en tête, avec un tiers de requêtes IPv6, le double de Allemagne, classée deuxième. Les câblo-opérateurs et les opérateurs de téléphonie mobile génèrent toujours les plus gros volumes de requêtes IPv6 avec des scores de 64% sur BruTélé et Telenet (Belgique) ou plus de 25% sur Kabel Deutschland, Kabel BW et Unitymedia (Allemagne).

Accès mobile

Le rapport « État des lieux de l’Internet » estime que 62 pays ou régions remplissent les conditions pour figurer dans cette rubrique ce qui suppose de bénéficier d’un bon débit en Internet mobile. Les vitesses de connexion mobile maximales moyennes constatées dans le monde couvrent un large spectre avec seulement quatre pays (Australie, Japon, Singapour et Thaïlande) affichant des vitesses maximales moyennes supérieures à 100 Mb/s. En Europe, le Royaume-Uni arrive en tête avec 90,9 Mb/s, suivi de l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. Avec un taux d’adoption de 98%, le Danemark se classe au 1er rang mondial pour la proportion d’adresses IP distinctes se connectant à Akamai via des opérateurs de réseaux mobiles (catégorie vitesse moyenne dépassant les 4 Mb/s) devant la Suède, le Venezuela, l’Australie et le Royaume-Uni.

Et la France dans tout ça

Comme on l’aura constaté à la lecture des lignes précédentes, la France ne brille pas par ses performances extraordinaires et se cache dans le gros des troupes sans notification particulière des responsables de l’étude Akamai. Au premier trimestre 2015, pour ce qui concerne le classement des vitesses de connexions moyennes en Europe, notre pays se place au 44ème rang avec 7,5 Mbit/s en moyenne, soit une croissance trimestrielle de 6,5% (14% sur l’année). Le pic moyen constaté de 3,5% classe la France à la 55ème place (+ 11% sur le trimestre et 36% sur l’année). En connectivité très haut débit (THD), la France est 42ème en Europe avec seulement 18% des connexions supérieures à 10 Mb/s (+19% sur le trimestre et 47% sur l’an) et en haut débit (> à 4 Mb/s), l’Hexagone n’est que 49ème avec une progression de seulement 3,8% sur le trimestre (6,5% sur l’an). Sans commentaire.