Une enquête menée par CSA pour le compte de la FEVAD (Fédération du e-commerce et de la vente à distance) indique que la poursuite de la stagnation économique n’affectera pas le niveau des achats sur le web, notamment chez les internautes les plus jeunes.

Malgré le contexte économique toujours difficile, 61% des acheteurs sur Internet estiment que cette situation ne freinera pas leur désir de fréquenter les e-boutiques de la toile. C’est le principal résultat, plutôt optimiste, que le cabinet d’études CSA formule à l’issue de l’enquête réalisée en ligne du 26 décembre 2014 au 31 décembre 2014, pour le compte de la FEVAD auprès d’un échantillon de 1 009 e-acheteurs français (donc ayant déjà fait un achat sur Internet) de 18 à 75 ans. A noter, ce résultat est légèrement surpondéré chez les hommes (65%) et les plus jeunes estiment même que le contexte économique les incitera à acheter davantage sur la toile (26% des 18-24 ans vs. 18% pour l’ensemble).

2015 identique à 2014

Les prévisions qui découlent de ce travail sont plutôt encourageantes puisqu’elles indiquent que la consommation on-line restera à un haut niveau en 2015. L’an passé, la quasi-totalité des e-acheteurs, soit 98% des personnes interrogées, avaient acheté en ligne, au moins une fois par mois (53%) pour la moitié d’entre eux. CSA remarque que CSP + et Parisiens sont les plus assidus en fréquentation mensuelle avec respectivement 60% et 61%. Il en sera de même cette année puisque 9 répondants sur 10 de la même catégorie disent vouloir récidiver autant ou plus. 61% des e-consommateurs dépenseront leur argent en habillement (61%), notamment les 18-24 ans (75%) et les femmes (70%) ; puis en biens culturels (54%, 75% pour les CSP+), en voyages et produits du tourisme (42%, 51% pour les CSP+) et en produits techniques ou électroménagers (38%, 48% pour les hommes).

Pour les catégories de produits plus récemment apparues sur le web, CSA désigne les bons d’achats à valoir en magasin ou en ligne (18%), les médicaments sans ordonnance (8%) et les objets connectés (7%) comme cibles privilégiées durant cette année.

 

L’achat mobile en croissance

Le développement accéléré de la 4G et des équipements de nouvelle génération à grands écrans, plus pratiques pour visualiser les images des produits (5 pouces et plus pour les smartphones plus les tablettes) favorise évidemment la croissance du m-commerce. Les e-acheteurs sont en effet de mieux en mieux équipés pour effectuer des choix puis des transactions en mobilité : plus de trois quarts de l’échantillon interrogé possèdent un smartphone, notamment les plus jeunes (91% des 18-24 ans, 90% des 25-34 ans) et plus de la moitié une tablette (52%, chiffre qui monte à 64% chez les 35-49 ans). Du fait de ce taux d’équipement, 29% des propriétaires de terminaux mobiles ont utilisé leur tablette pour effectuer des achats en 2014 (contre 27% en 2013) et 17% leur smartphone (contre 11% en 2013), ce taux montant même à 23% chez ceux qui ont un abonnement 4G.

 

Des applications dédiées

Un tiers des équipés en smartphone ou tablette (respectivement 32% et 33%) installe des applications de sites marchands pour effectuer leur achats, une proportion qui grimpe respectivement à 46% et 52% chez les 18-24 ans et qui laisse supposer une certaine fidélité aux marques ainsi sélectionnées. On notera cependant que la majorité des utilisateurs d’application privilégie plutôt celles de leurs enseignes préférées. CSA indique par ailleurs que l’installation de nouvelles applications de sites marchands fait d’ailleurs partie des pratiques transactionnelles sur smartphone (31%) envisagées pour 2015, juste derrière l’utilisation du capteur des mobiles pour flasher les QRcodes (36%). Globalement, tous les usages marchands projetés en 2015 sont amplifiés par l’usage des réseaux 4G et des terminaux à grands écran. Les achats effectués par ces moyens porteront d’abord sur les billets de train, d’avion ou la réservation de séjour (48% contre 45% en 2014), puis viennent la mode et les accessoires (40% contre 38% en 2014). Deux types d’achat vont aussi progresser grâce aux smartphones 4G : les produits culturels physiques (+ 7 points, à 32%) et les billets de spectacles (+ 9 points, à 31%).

 

L’essor de la vente directe

Le phénomène de la consommation collaborative, c’est à dire l’achat direct aux producteurs, progresse notablement depuis quelques années, bénéficiant du potentiel direct que procure Internet. Les e-acheteurs interrogés étaient 20% à consommer « collaboratif » en 2013 ; l’effectif est monté à 35% en 2014 et prévoit d’être à 60% cette année. Les ventes directes et les achats groupés auprès de producteurs organisés en AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) sont des modes de consommation en pleine expansion puisque 7% des sondés l’ont utilisé en 2014 et 31% l’envisagent en 2015). La réservation d’hébergements auprès de particuliers (35%) et le covoiturage (26%) sont deux autres types de consommation collaborative dont la croissance est fortement envisagée pour 2015. Ces intentions ne se concrétisent pas automatiquement en achat réel mais signale néanmoins une préoccupation des e-acheteurs à consommer autrement en évitant les intermédiaires constate CSA.

 

Objets connectés et données personnelles

Un internaute acheteur sur cinq a déclaré aux enquêteurs avoir déjà utilisé un objet connecté en 2014, que ce soit dans le domaine de la santé, de la maison, du transport ou de l’habillement. Ils sont 28% à envisager de le faire en 2015 dont 15% pour faire le monitoring de leur santé (surveillance du poids, de la tension, du rythme cardiaque ou du sommeil…), 13% pour surveiller ce qui se passe dans leur maison (alerte de sécurité, maîtrise de l’énergie, détection de panne du frigo), 12% pour des besoins de transport individuel (rappel d’entretien de voiture, géolocalisation du véhicule garé) et 11% plus largement comme extension d’un smartphone par le biais de vêtements, montres et bracelets connectés. Cette fois ce n’est plus l’achat en lui-même mais l’usage des données personnelles à des fins commerciales qui est analysé et s’affirme comme un sujet sensible et segmentant. L’étude de CSA pour la Fevad constate en effet que 27% des interrogés accepteraient de recevoir des offres commerciales à partir de leurs données collectées par le biais d’objets communiquant et que cet effectif serait encore supérieur si cette collecte était effectuée par des appareils associés à la maison connectée.