Accès Internet : indispensable et banal à la fois

La première étude sur la perception d’Internet menée dans 25 pays à la demande de Peer 1 Hosting met en lumière l’importance donnée au réseau mesurée en fonction du niveau de son développement local.

« Les pays où Internet est le moins accessible sont ceux qui en ont le plus besoin pour prospérer ». Cette lapalissade résume bien la vision que peuvent avoir les utilisateurs d’Internet en fonction de leur localisation géographique et du degré de développement du réseau mondial dans leur propre pays. C’est le principal enseignement de l’étude commanditée par Peer I Hosting, hébergeur infogérant d’envergure mondiale, dans 25 pays à travers le monde. Plus l’accès au réseau est développé, plus il a tendance à se banaliser dans des usages quotidiens quasi automatiques. En revanche, plus il est rare, plus il est perçu comme un outil à très fort potentiel, au point que certains, dans les régions où il est encore difficilement accessible, le considèrent comme « plus important que la médecine, le sommeil et les vêtements ».

L’idéalisation

Ce qui frappe d’abord dans l’analyse des données issues de cette enquête sur le « potentiel humain d’Internet », c’est l’attrait du réseau qui s’exerce sur les habitants des pays les moins connectés et l’image de toute puissance que ressentent ces individus souvent privés des moyens devenus communs dans nos régions développées. Pour eux, Internet est un moyen fiable et efficace pour s’informer, se développer, soutenir les changements sociaux et s’éduquer. Les sondés des pays d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient, où la connectivité est concentrée dans les villes, pensent qu’Internet améliore la qualité de vie en donnant accès aux nouvelles du monde et parfois de leur propre état, en propageant l’éducation et en permettant le partage d’opinions politiques. Dans les régions du globe où moins de la moitié de la population a accès à Internet, les personnes interrogées estiment qu’Internet est un outil nécessaire pour prospérer. C’est le cas notamment en Inde où 45% des habitants sont fortement ou plutôt d’accord avec cette assertion, mais également au Pakistan (à 36%) en Égypte (34%), en Chine (27%) et au Kenya (24%).

La banalisation

En revanche et sans vraiment de surprise, les pays les mieux dotés en couverture Internet, où 78% de la population est connectée, ne ressentent déjà plus le réseau comme un facteur de progrès mais comme un outil plutôt banal dont l’usage s’est inscrit dans la routine du quotidien. Cette perception désacralisée est surtout ressentie au Japon où seulement 8% des personnes interrogées sont fortement ou plutôt d’accord avec la vision « progressiste » du réseau, mais également en Australie (à 12%), au Canada (à 14%), au Royaume-Uni (à 14%) et aux Etats-Unis (à 16%). L’étude qui a ciblé 20 600 utilisateurs d’Internet dans 25 pays, constate effectivement une très large différence d’attitudes et de perceptions quant à la puissance d’Internet et de son impact sur la vie des individus.

Un facteur de progrès

Dans les pays les moins biens dotés, avec moins de 47% de la population ayant accès à Internet, la plupart des interrogés estiment qu’Internet est non seulement un outil utile pour la société, mais également qu’il est un vecteur de bien social, de changements économiques et d’éducation. Ils souhaitent l’utiliser à ces fins notamment pour promouvoir des changements sociaux comme par exemple au Kenya (à 58%), en Inde (à 57%) et en Égypte (à 55%). Par contraste, les pays les mieux pourvus, avec un taux d’équipement dépassant les 77%, considèrent moins Internet comme un facteur de bien social, n’étant plus que 14% à le penser au Japon, 16% en Australie et seulement 18% en France. Pour ces chanceux qui bénéficient d’un accès quasi permanent et parfois illimité, Internet est déjà une habitude et un acquis qui ne suscite plus guère l’enthousiasme.

 Des écarts à réduire

Les écarts d’accès à Internet pris en compte par l’étude n’empêchent pas évidemment les pays les moins connectés de reconnaître qu’Internet a le pouvoir d’améliorer la qualité de vie et qu’il est une source d’opportunités même dans ses déploiements les plus frustres comme le prouve par exemple l’importance de l’internet mobile dans l’économie du quotidien de nombreux pays d’Afrique. Mais il est indéniable que la réduction de ces écarts est indispensable pour créer de meilleures conditions de vie, au même titre que la résolution des problèmes liés à la faim ou à la démocratie politique.

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